La Balade autour de Miramont

05-Rando Roche Ronde (27)C’est par une journée ensoleillée que notre balade a débuté. Nous étions une soixantaine de personnes, petits et grands, enchantés à l’idée de découvrir de nouveaux points de vue. La première étape, facile, nous a conduits vers Bedeilhac. Juste avant d’atteindre le village on passe à fontaine de Païchiou, restaurée grâce à l’APCT (Association Patrimoine Culture et Traditions). Là, surprise ! Nous attendait un superbe accueil ! Tout en profitant du petit déjeuner, nous avons écouté avec beaucoup d’attention Jean-Pierre Pène nous retracer ce que l’on sait du passé médiéval de l’entrée de la vallée. Jean-Pierre nous a fait bien prendre conscience de l’importance, de tous temps, de notre vallée. « Pays de transition » comme nous l’avait déjà si bien montré Maurice Blazy dans la première publication de la collection ADAVS (2013).
La seconde étape, facile aussi, nous menait à l’église de Rabat (que la plupart d’entre nous n‘avait jamais visitée). Monsieur Jean-Paul Durand, ancien maire de la commune, érudit ariègeois très actif particulièrement attaché au patrimoine local et religieux, prenait le relais. L’église de Rabat recèle de nombreux trésors que notre orateur sut particulièrement bien mettre en valeur. Jean-Paul nous promenait ensuite dans quelques rues de Rabat. Furent évoqués le passé cathare, puis l’époque du travail du fer. Nous rejoignîmes alors l’aire de repos particulièrement agréable, près de la rivière, mise à notre disposition par la mairie de Rabat où nous fûmes accueillis par l’association des Amis de la Courbière en la personne de son Président, Jean-Michel Degeorgis.
Un commando ADAVS avait, bien plus tôt, investi les lieux, dressé les tables et lancé les grillades. Quelques autres amis nous avaient rejoints et ainsi, nous nous retrouvâmes environ quatre-vingt pour partager le repas convivial un menu simple servi avec gentillesse et bonne humeur par les bénévoles de l’ADAVS. Merci à Josiane, Sylvie, et tous les autres que nous ne pouvons citer ici.
Nous avons pu admirer des outils et différents objets en fer forgé présentés par Pedro Garcia et l’équipe des ferronniers du Lou Foc. En effet, il ne faut pas oublier qu’autrefois Rabat était un haut et dense lieu du travail du fer.
Après ce reconstituant repas…tout le monde n’est pas reparti ! Beaucoup cependant ont repris le chemin du bois de l’Abénalouse et de la spectaculaire Roche Ronde. 450 mètres de dénivelé seront pris avec une aisance relative. Le sentier étant bien dessiné, nos pensées pouvaient vagabonder vers les siècles lointains (10ème à 13ème) où le château de Miramont dominait de sa puissance nos 2 vallées. Une petite mais intrépide équipe ADAVS avait équipé l’éperon final d’une corde et quelque peu dégagé l’abondante végétation qui envahit ces ruines. Un coup de chapeau à notre troisième érudit, Jean Roques. L’âge n’ayant aucune prise sur notre emblématique ancien maire de Saurat, nous avons pu bénéficier, tout le long du parcours et au pied de la motte sommitale, de ses grandes connaissances et de ses qualités de conteur exceptionnelles. Jean est monté la-haut comme un juvénile cabri pour nous faire partager l’histoire de ce château du haut moyen-âge dont il ne reste que les fondations. Le château de Miramont n’est pas une tour de garde comme Montorgueuil ou Calamès. C’était un vrai château habité par son seigneur et sa maisonnée. L’énigme de sa destruction reste non résolue à ce jour : bataille politique entre l’église et le roi ? Fin de l’anéantissement des cathares (3 ans après la chute de Monségur) ou recherche de leur trésor disparu ? Le site a été étudié par Florence Guillot dans sa thèse de doctorat.
Rassasiés de commentaires et de panoramas enchanteurs, il ne nous restait plus qu’à redescendre tranquillement par le versant nord en direction de Saurat que nous avons rejoint pour le traditionnel pot d’au revoir.
Merci aux organisateurs et en particulier à Jean-Luc Rouan, Benoît Sauphanor et Yves Yau qui a l’art (et le pied !) pour nous proposer des balades enrichissantes.
Cette fois le fil conducteur fut le chemin des « Bonshommes » et des « Bonnes femmes » (la majorité fut féminine ce 19 juillet !). Ils furent eux d’immenses marcheurs (comme Yves sur au moins deux continents). Mais pourchassés jusqu’à l’extermination dans toute l’Europe par le pape Innocent II, les derniers survivants avaient trouvé refuge dans les grottes de Bédeilhac (exposé de Jean-Pierre Pène), puis dans des caches plus secrètes dans des souterrains creusés sous les maisons de Rabat (exposé de Jean-Paul Durand) et enfin pitance et réconfort auprès du Baron et de la Baronne du Château de Miramont (exposé de Jean Roques).
Et nous, nous avons trouvé un vrai trésor ! Il ne s’agit pas des dizaines et dizaines d’anciennes pièces d’or dénichées à Rabat dans la maison (et son souterrain) du Prévôt de l’Abbaye de Lagrasse (peut-être provenant du si fameux trésor de Montségur).
Notre trésor est plus fabuleux ! C’est cet esprit de solidarité et de convivialité des « Bonshommes » qui anime l’A.D.A.V.S.
Article collectif avec la participation de
Yves Yau
Benoît Sauphanor
Jean-Pierre Pène
Jean Roques
Marie-Christine Tual

 

Parution de la revue de Juillet 2014

SOMMAIRE
Page 1 : Le mot du Président.
Page 1 : Ne manquez pas notre prochain rendez vous!  samedi 26 juillet à la Maisou d’amount.
Page 2 : Balades en « lieu dits » par G. Dancausse.
Page 3 : La balade du 19 juillet (précisions sur son déroulement).
Page 3 : Edition : Carli de Benoit Sephanor.
Page 3 : Accueil d’un nouvel adhérent.
Page 4 : Hommage à Angèle Prat par Roger Robert.
Page 4 : Nos rendez vous de l’été.

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Un nouveau partenaire soutient l’ADAVS

 L’ADAVS a le plaisir de vous annoncer l’arrivée d’un nouveau sponsor pour ses activités : le groupe français Gemalto, société de haute technologie listée au  CAC40 et leader mondial de la sécurité numérique a accepté, au titre de son programme mondial « YourWorld » de soutien à des activités de nature environnementale ou humanitaire, d’accorder une subvention financière de 1000 € à notre association, au titre de ses activités en faveur de la mise en place d’un verger conservatoire et de la mise en valeur de sites préhistoriques sur notre commune.gemalto_logo_fullcol_HR

Les Puces des Couturières et des loisirs créatifs 2013

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On n’avait pas encore organisé de puces des couturières et des loisirs créatifs en Ariège et pour une première, le succès était au rendez-vous de cette manifestation initiée et organisée par Claudine Morèle et l’A.D.A.V.S. à la Maïsou d’Amount, le dimanche 27 octobre 2013. Plus d’un millier de visiteurs !!!…

De nombreuses exposantes proposaient tout ce qui a disparu depuis que les grandes surfaces ont éliminé les petits commerces spécialisés. On se serait cru dans une immense boîte à trésors, pleine de tissus, laine, mercerie, broderie, revues diverses, perles, papier, cartonnage, matériel de patchwork, rubans, boutons, dentelles, linge ancien et bien d’autres choses encore… L’objectif de ces puces des couturières et des loisirs créatifs n’était pas de vendre des produits finis, mais de faire changer de mains tout le matériel d’activités manuelles en bon état et à prix réduits.

Il y avait un très grand choix dans tous les domaines où, traditionnellement, les dames excellent. Tous les visiteurs y ont trouvé leur bonheur avec tout ce qu’il faut pour créer ou réparer tricot, couture, dentelle, passementerie, broderie ou patchwork.

Ces dames, et parfois ces messieurs, sont ressorties les mains pleines et il est certain que ces puces d’un nouveau genre ont eu le succès qu’elles méritent. Cette manifestation sera renouvelée nous a précisé Claudine et sera plus importante car plus de 48 candidates ont été refusées faute de place dans la salle.

Cette rencontre a valu à son organisatrice deux articles dans les journaux (La dépêche et Le Petit Journal).

La prochaine date est dores et déjà arrêtée : le 12 octobre 2014.

 

Carrière de Bédeilhac – géologie et archéologie

Jean Roques partage ici ses connaissances géologiques et archéologiques sur le massif de Calamès. Nous le remercions pour l’éclairage scientifique apporté au collectif qui se défend contre la réouverture de la carrière.

site de l’association pour suivre les infos sur le projet  www.lesgardiensducalames.fr

La roche dolomitique parfois veinée de marbre blanc (dolomie et calcaire) a été déposée à l’ère secondaire (80 millions d’années) suite à la première orogenèse des Pyrénées et à l’érosion qui s’en suivit. Ceci pour faire comprendre que cette formation est trés répandue; rien que dans notre vallée, les socles (au-dessous des strates calcaires du tertiaire) affleurent à la colline de la Rouère, aux éperons de Siech et de Montorgueil et au Massif du Soudour. Le pic de Calamés n’est qu’un contrefort du Massif des Trois-Seigneurs sur lequel persistent des couches de sédiments tertiaires (calcaires, schistes,…).

Ce matériau présente d’incontestables propriétés ( dureté tout en étant plus facile à concasser que le granite de la chaîne axiale des Pyrénées, meilleure résistance que les calcaires, à l’acidité des eaux, compacité de gros blocs pour la pierre taillée,…) qui le rendent avantageux pour les travaux routiers et la construction en général.

Mais cet intérêt économique ne saurait justifier l’atteinte portée à notre site de Calamés : site à la fois légendaire, historique et d’évidence géographique par son relief particulier reconnaissable à plus de dix kilomètres sur l’axe de la grande voie internationale.

Un patrimoine légendaire: son nom d’origine latine (calamitas : calamité) indique que ce pic a joué un rôle à l’époque romaine. Différemment mais à la même époque où le village de Goulier concentrait les bagnards que les Romains obligeaient à extraire le minerai de fer exceptionnel des mines de Sem dans le Vicdessos. Ces mêmes Romains exploitaient les sables aurifères de la Haute-Ariège( jusqu’au XVIII siècle, l’octroi de Pamiers contrôlait les quantités d’or trouvées essentiellement dans l’Ariège et ses hauts affluents). Or les esclaves-chercheurs essayaient de déjouer la vigilance de l’encadrement militaire pour garder une partie de leur trouvaille. Pour les dissuader, les Romains utilisaient un châtiment exemplaire: la mort. Mais ne pouvant sacrifier trop d’esclaves fautifs, afin d’impressionner encore plus, ils affirmaient que le jugement des coupables était rendu au sommet du Pic de Calamés aprés avoir écouté là-haut,la sentence prononcée par les Dieux.

Puis les condamnés étaient jetés dans le vide du haut du Pic à la vue des autres esclaves. Comme les dix-sept cathares précipités un millénaire plus tard du haut du site du Castela à Tarascon.

Un patrimoine historique:la grande tour de Calamés n’est pas une banale tour de guet comme celles que l’on voit le long de la vallée de l’Ariège. Par son architecture imposante et son volume intérieur c’est un castel qui constituait le bras armé du château de Miremont sis sur la même crête, à la Roche ronde.

Il abritait une bonne trentaine de soldats professionnels prêts sur place à intervenir dès qu’une bande de brigands tout aussi professionnels étaient signalés venant régulièrement piller depuis leurs montagnes ibériques les riches ( cultures, élevage) vallées de la Haute Ariège. Cette garnison de “gens d’armes” a sans doute été la première forme d’une gendarmerie de proximité. Donc le castel de Calamés est le dernier vestige (avec la tour de Montorgueil) des ouvrages de défense d’un patrimoine collectif.

En conclusion, n’ajoutons pas à la naturelle érosion du temps, une dégradation injustifiable à un site aussi prestigieux, si fonctionnel géographiquement et, avouons-le, si beau quand on a la chance de le regarder depuis le haut de la vallée de Saurat: des formes doucement arrondies, vultueuses, même voluptueuses avec ce téton gonflé ça ne vous dit rien?

Bien d’autres gisements de cette roche dolomitique existent aussi favorablement situés pour l’exploitation-transport. L’intérêt économique indéniable mérite un plus large effort de prospection sans attenter au charme du Pic de Calamés.

Jean Roques